Aujourd'hui, j'ai lu la chronique de @lore_jadore sur instagram.
La lectrice expliquait ne pas avoir accroché au roman. Elle aurait notamment aimé découvrir davantage de lore, mieux comprendre l'univers dans lequel évoluent les personnages. Pour autant, elle ne considérait pas le livre comme mauvais. Ce n'était simplement pas une lecture faite pour elle.
Mais en découvrant sa chronique, un détail m'a immédiatement interpellé. Elle qualifiait mon roman de science-fiction.
De la science-fiction ? Mon roman ?
J'avoue avoir trouvé cela particulièrement étrange, voire complètement hors sujet. Je lui ai donc envoyé un message privé pour comprendre pourquoi elle utilisait ce terme parce que je ne voyais absolument pas ce qui pouvait justifier cette classification.
Elle ne m'a pas répondu immédiatement, et comme cette histoire me perturbait tjs, j'ai fini par faire ce que n'importe qui aurait fait : chercher sur Internet.
Et là… patatras !
La science-fiction, ce n'est pas seulement le futur
Je me suis mis à relire les définitions de la science-fiction.
un genre narratif qui imagine des mondes, des sociétés et des technologies en se basant sur des hypothèses scientifiques, techniques ou historiques.
En simplifiant, la SF imagine des mondes, des sociétés ou des situations à partir d'hypothèses scientifiques, techniques ou historiques. Elle s'intéresse également aux conséquences de ces hypothèses sur les individus et les civilisations. Elle peut aussi se mélanger à d'autres genres, notamment la fantasy, et intégrer des éléments surnaturels, mythologiques ou magiques.
J'ai relu ça une fois. Et là, une pensée m'a traversé l'esprit :
Mais… c'est exactement comme ça que j'ai construit mon worldbuilding !
Depuis le début, je cherche à donner une cohérence scientifique, historique et sociale à mon univers. Mais les habitants ne se contentent pas de considérer ces phénomènes comme de la magie. Ils les étudient.
Des scientifiques ont cherché à comprendre la nature des dieux. Des analyses anatomie et le comportement des créatures. Des historiens ont reconstitués les événements qui ont bouleversé l'humanité.
Tout cela constitue une part importante du travail que je réalise pour les compendiums et la chronologie de mon univers.
Et pourtant, je n'avais jamais fait le rapprochement. Comment ai-je pu passer à côté ?
C'est d'autant plus amusant que je connais parfaitement la différence entre science-fiction et récit futuriste. L'une de mes œuvres préférées reste Les Robots d'Isaac Asimov ! Je sais donc très bien que la SF ne se résume pas à des vaisseaux spatiaux, des technologies futuristes ou des voyages interstellaires.
Mais visiblement, lorsqu'on écrit soi-même, les perceptions changent. J'étais tellement habitué à considérer Flamme Bleue comme de la fantasy que je n'avais jamais cherché à examiner mon travail sous un autre angle.
Dans ma tête, c'était simple : des dieux, des démons, des créatures surnaturelles, des pouvoirs mystérieux… donc de la fantasy. Et c'est toujours le cas.
Un roman de fantasy, un univers qui emprunte à la science-fiction
Flamme Bleue reste un roman de fantasy horrifique. Pas de science-fiction. En revanche, je réalise aujourd'hui que le travail de construction de son univers, particulièrement dans les compendiums, possède une véritable dimension science-fiction.
Il ne suffit pas de parler de science pour faire de la SF, mais parce que je cherche à comprendre les conséquences de phénomènes extraordinaires sur un monde qui tente de les étudier rationnellement.
C'est une nuance que je n'avais jamais réellement formulée. Dans le roman, je raconte une histoire. Le lecteur accompagne des personnages, découvre les événements à travers leurs expériences et ne dispose pas nécessairement de toutes les réponses.
Sur le site des Éditions Zantetsuken, l'approche est différente. Les compendiums sont construits comme des documents scientifiques et historiques qui pourraient exister dans cet univers.
Le surnaturel n'y disparaît pas. Il devient un objet d'étude. Et c'est finalement dans cette démarche que je retrouve l'esprit de la science-fiction.
Le roman est de la fantasy horrifique. Le worldbuilding et les compendiums, eux, sont SF dans l'âme.
Quand un lecteur fait découvrir quelque chose à l'auteur
Ce qui me fascine dans cette petite histoire, c'est qu'il m'a fallu le regard d'une lectrice pour prendre conscience d'un aspect de mon propre travail.
Cela fait des années que je construis cet univers, que je réfléchis à son histoire, à ses civilisations, à ses phénomènes et à leur cohérence. Et malgré tout ce temps, je n'avais jamais envisagé les choses ainsi.
Comme quoi...
Merci donc à @lore_jadore pour sa chronique et pour cette réflexion inattendue.
Son avis instagram est dispo ici.