La Flamme Bleue est l’un des phénomènes les plus singuliers apparus lors de l’éruption de Yellowstone. Plus de quatre siècles après les premières observations, personne n’est encore parvenu à déterminer sa nature exacte.
Son nom vient simplement de son apparence. Elle en a la forme et les mouvements, mais la comparaison avec une flamme s’arrête là : aucune chaleur, aucune combustion. Son comportement reste également difficile à expliquer avec les modèles physiques hérités de l’ancien monde.
Faute de comprendre réellement ce qu’elle est, les sociétés humaines ont surtout appris à s’en servir.
Durant les décennies qui suivirent le Cataclysme, l’étude de la Flamme Bleue resta très limitée. Les populations vivaient encore largement recluses et devaient déjà faire face aux conséquences de l’effondrement de l’ancien monde, puis aux Guerres divines.
Il fallut attendre la reconstruction des sociétés et le retour d’institutions capables de conserver et transmettre les connaissances pour que de véritables recherches puissent commencer. Les premières études sérieuses remontent ainsi aux alentours de 150 PC.
Les chercheurs soumirent alors la Flamme Bleue à toutes sortes de conditions pour observer ses réactions : variations de pression, environnements chimiques, champs magnétiques ou différents procédés physiques. Aucun de ces essais ne permit d’établir un modèle capable d’expliquer son fonctionnement.
Une autre difficulté apparut rapidement. La Flamme Bleue pouvait être exploitée, mais personne ne parvenait à la reproduire artificiellement, à l’amplifier ou même à modifier directement son comportement.
Faute de comprendre ce qu’était réellement la Flamme Bleue, les chercheurs finirent par se tourner vers une question beaucoup plus concrète : que pouvait-on en faire ?
L’éclairage reste aujourd’hui l’usage le plus visible de la Flamme Bleue. On la retrouve dans les lampes et différentes infrastructures urbaines, où l’absence de chaleur et de combustion offre un avantage évident sur les flammes conventionnelles.
Avec les progrès techniques, son utilisation s’est étendue à des dispositifs bien plus complexes, sans pour autant remplacer les autres formes d’énergie.
Elle peut donc servir à des systèmes très différents sans que ses propres propriétés semblent en être affectées.

Ce principe a permis de l’intégrer progressivement à des machines, à certains équipements médicaux ou encore aux transports. Dans tous les cas, son rôle reste le même : fournir l’énergie. C’est le dispositif qui détermine ensuite comment l’utiliser.
Son exploitation varie cependant beaucoup d’une société à l’autre. Entre 310 et 350 PC, la Confédération des Communes Libres et les Citadelles suivirent notamment deux voies assez différentes.
La CCL privilégia des usages décentralisés, avec des dispositifs pouvant être entretenus et exploités localement. La Flamme Bleue y fut également considérée comme une ressource commune, même si son utilisation restait encadrée.
Les Citadelles firent un autre choix. Elles favorisèrent son intégration à de grandes infrastructures et à des systèmes plus complexes, demandant davantage de moyens et des connaissances spécialisées. Cette organisation permit de développer des applications difficiles à reproduire à petite échelle, mais aussi beaucoup plus dépendantes de leurs infrastructures et des spécialistes chargés de les entretenir.
Les usages de la Flamme Bleue ne restèrent pas uniquement civils. À différentes périodes, certains pouvoirs cherchèrent aussi à exploiter son potentiel à des fins militaires.
C’est notamment dans ce contexte que furent développés les golems arcaniques, l’une des applications militaires les plus ambitieuses de cette énergie.
Selon les époques et les territoires, l’utilisation militaire de la Flamme Bleue fit l’objet de restrictions et de réglementations plus ou moins importantes.
L’apparition des dieux, des chimères et d’autres phénomènes jusque-là considérés comme mythologiques obligea les chercheurs à revoir une partie des connaissances héritées de l’ancien monde. Les premières études scientifiques consacrées aux dieux sont attestées dès 52 PC, avant que l’étude du surnaturel ne prenne véritablement de l’ampleur après la Guerre des Dieux.
Dans ce monde où les frontières entre science et surnaturel ont dû être repensées, la Flamme Bleue occupe pourtant une place à part. Contrairement à beaucoup d’autres phénomènes apparus après Yellowstone, elle est devenue banale.
Elle éclaire les rues, alimente des dispositifs et fait partie du quotidien depuis plusieurs siècles.
Tout le monde sait s’en servir. Personne ne sait encore vraiment ce qu’elle est.