Sujet post-mortem

Sujet post-mortem

Traduction partielle de notes manuscrites retrouvées dans un carnet saisi comme pièce à conviction. Texte original rédigé en grec ancien et latin. Données incomplètes.

Notes personnelles — F.

Origine des travaux

Textes illisibles.

Les morts reviennent. Il suffit de comprendre pourquoi.
Erreur de raisonnement.

Le retour spontané n'est pas reproductible. Le délai varie trop fortement d'un sujet à l'autre et aucune méthode connue ne permet de déterminer quand il se produira.

provoquer le phénomène.

Premiers sujets

Réalisés sur des corps déjà disponibles.

Cadavres récents. Aucun signe de réveil au moment du traitement.

Impossible cependant d'établir si certains se seraient relevés spontanément quelques minutes, quelques heures ou plusieurs jours plus tard.

Résultats inutilisables comme preuve.

Essais suivants réalisés sur des corps préalablement neutralisés selon les procédures habituelles.

Échec.

Résultats incompatibles avec l'objectif recherché.

L'intensité de cette dernière paraît suivre celle de l'afflux.

Une activité peut être obtenue dans certaines conditions, mais la destruction préalable des structures cérébrales compromet précisément les fonctions que je cherche à préserver.

Il me faut des sujets morts, mais intacts.

Acquisition

Les corps récupérés après décès présentent trop de variables inconnues.

Maladie. Traumatisme. Délai. Traitements antérieurs. Dégradation.
Impossible d'obtenir une série convenable ainsi.

Les sujets doivent désormais pouvoir être observés avant leur mort.

Sélectionner en priorité des individus dont l'absence ne provoquera pas d'enquête immédiate.

Sans ascendant connu.
Sans famille enregistrée.
Sans personne susceptible de réclamer le corps.

Les registres devraient être suffisant.

Inutile d'attirer l'attention pour quelques cadavres.
Correction : inutile d'attirer l'attention, quelle que soit la valeur du sujet.

Réanimation provoquée

Résultat reproductible. Un cadavre n'ayant présenté aucun réveil spontané peut être placé artificiellement dans un état d'activité durable.

Le sujet se déplace avec intention.
Il identifie une menace.
Il peut attendre.
Il peut poursuivre.
Il peut adapter son action.

Certains sujets conservent suffisamment de fonctions supérieures pour comprendre une instruction et y répondre.

Imitation.
Non. Les réponses varient lorsque la formulation de la question change.

Conservation cognitive

C'est probablement le résultat le plus important. La mort n'impose pas nécessairement la disparition des fonctions complexes. Certains sujets sont capables d'observation, de raisonnement élémentaire et d'adaptation. La parole demeure possible lorsque l'état du corps le permet.

L'intégrité du cerveau avant traitement semble déterminante.
Cela explique les résultats médiocres obtenus sur les corps neutralisés.

Le sujet reste lui-même.
Impossible à établir.

Mémoire, personnalité, raisonnement et identité ne doivent pas être confondus.
Un mort capable de répondre correctement à une question n'est pas nécessairement l'homme auquel appartenait ce corps.
À approfondir.

Autonomie

Erreur des premiers essais : rechercher une obéissance absolue.
Un sujet incapable d'agir sans instruction permanente n'a aucune utilité.
Les spécimens les plus aboutis peuvent poursuivre un objectif sans surveillance directe, modifier leur comportement face à un obstacle et sélectionner une réponse adaptée à une situation.

Capacités physiques

Les performances dépassent très largement celles des morts spontanément réanimés.
Force accrue.
Accélérations importantes.
Maintien de l'activité malgré des lésions normalement incapacitantes.
Coordination satisfaisante.
Les manifestations associées à l'égocentrisme de mes soldats sont présentes.

Cependant, contrairement aux sujets vivants, les conséquences semblent mieux contenues.

Hypothèse : l'organisme mort ne cherche plus à maintenir les mêmes équilibres physiologiques. La mort corrige le défaut. Elle le contourne. Nuance importante.

Dégradation

Le principal défaut demeure évident.

Le sujet est mort.
Le traitement restaure des fonctions. Il ne restaure pas la vie. La dégradation corporelle demeure visible et limite certaines utilisations. Même lorsque ses facultés sont satisfaisantes, personne ne confondra longtemps le sujet avec un vivant.

La signature d'un autre frère peut être ressentie. Son intensité semble varier avec la proximité.
Le même phénomène permet de reconnaître une cible ayant reçu le composé utilisé lors du marquage.

Résoudre la décomposition.
Aucune piste crédible. Mais ce problème n'est plus prioritaire.

Comparaison avec les sujets vivants

Les deux voies donnent désormais des résultats exploitables.

Sujet vivant : apparence préservée, intelligence intacte, intégration possible. L'augmentation reste limitée par les contraintes physiologiques et les conséquences de l'égocentrisme.

Sujet mort : apparence et intégrité compromises, mais augmentation plus stable, autonomie satisfaisante et fonctions cognitives supérieures conservables.

État des recherches

Le procédé fonctionne.
Les sujets obtenus sont puissants, autonomes et suffisamment intelligents pour accomplir des tâches complexes. Continuer à reproduire les mêmes expériences sur des spécimens ordinaires apporterait désormais peu.

Améliorer encore les sujets.
Inutile.

La question n'est plus de savoir si le procédé fonctionne. La question est de savoir jusqu'où il peut fonctionner.

Il faudra un sujet dont les capacités justifient l'expérience. Un spécimen ordinaire ne permettra pas de répondre à cette question.

Observation générale

Le procédé remplit son objectif.
Un homme demeure extérieurement un homme jusqu'à l'instant où il choisit de ne plus combattre comme tel.

Force supérieure.
Résistance supérieure.
Perception supplémentaire.

Mais l'afflux porte en lui sa propre faiblesse.
Plus le sujet devient puissant, moins il est dangereux.
Non. Formulation absurde.

Plus le sujet devient puissant, plus il devient prévisible.
Voilà la distinction.

Un adversaire ordinaire ne survivra probablement pas assez longtemps pour en tirer avantage.
Un combattant expérimenté, oui.

Trouver comment conserver l'agressivité sans sacrifier la discipline. Ne pas chercher à supprimer l'une au profit de l'autre. L'intérêt du procédé réside précisément dans leur coexistence.

Ne pas en parler aux sujets.