Guerriers du culte

Guerriers du culte

Traduction partielle de notes manuscrites retrouvées dans un carnet saisi comme pièce à conviction. Texte original rédigé en grec ancien et latin. Données incomplètes.

Notes personnelles — F.

État du sujet

Au repos, le sujet conserve son apparence originelle tant que l'afflux n'est pas sollicité.

Aucune altération extérieure assez importante pour permettre son identification. Facultés intellectuelles et motrices ordinaires préservées.

C'est préférable. Un frère que l'on pourrait reconnaître avant même qu'il ait combattu perdrait une grande part de son utilité.

Le procédé ne provoque donc aucune modification permanente visible.

Visible, seulement. Ne rien déduire au-delà de ce qui peut être observé.

Activation

L'afflux est déclenché volontairement par le sujet.

Manifestations relevées :

  • accélération importante du rythme cardiaque ;
  • gonflement des veines ;
  • assombrissement de la peau ;
  • apparition progressive d'une aura perceptible autour du corps.

L'intensité de cette dernière paraît suivre celle de l'afflux.

L'activation constitue une transformation du sujet. Non. Terme impropre.

L'organisme demeure celui du sujet. Ce sont ses capacités qui sont amplifiées. La distinction n'est pas sémantique. Elle est essentielle.

Force

Résultats constants sur l'ensemble des sujets observés.

Après activation, la force produite excède très largement les capacités humaines ordinaires.

Les impacts suffisent à détériorer, parfois à rompre, des structures solides. Un homme adulte peut être projeté sans effort apparent. La puissance obtenue reste sans commune mesure avec la constitution physique initiale du sujet.

La seule musculature ne saurait expliquer de tels résultats.

Classification : capacité surhumaine.

Ne jamais employer « invulnérable » dans les instructions données aux frères. L'assurance est utile. La certitude de ne pouvoir mourir ne l'est pas.

Résistance

Augmentation confirmée.

Après activation, les traumatismes normalement incapacitants sont mieux tolérés. Le sujet peut poursuivre le combat malgré des blessures qui réduiraient considérablement les capacités d'un homme ordinaire.

La résistance augmente proportionnellement à la force. Non démontré.

Ne pas confondre concomitance et proportion.
La chair demeure vulnérable aux armes blanches. Les atteintes majeures restent mortelles.

Aucune régénération observée.

Surhumain ne signifie pas indestructible.

Maintien de l'afflux

Premières observations : aucune altération particulière rapportée par les sujets.

Sujet 4 : aucune perte de contrôle déclarée.
Sujet 7 : idem.
Sujet 9 : idem.

Le maintien de l'afflux ne semble pas affecter les facultés du combattant.
Erreur.

Les déclarations des sujets ne doivent plus être considérées comme fiables sur ce point. L'observation directe contredit leur témoignage.

Lorsque l'afflux se prolonge :

  • attaques plus directes ;
  • recours croissant à la force brute ;
  • diminution des comportements défensifs ;
  • perte progressive de précision ;
  • agressivité accrue.

Le phénomène semble graduel.

Plus préoccupant : le sujet ne paraît pas avoir conscience de sa propre dégradation.

À confirmer sur un nombre plus important de frères.

Annotation ultérieure

Même comportement observé de nouveau.
Ils ne perdent pas immédiatement leur capacité à combattre.
Ils perdent d'abord leur manière de combattre.

Nuance importante. Elle explique probablement pourquoi aucun sujet ne signale spontanément le phénomène : de son point de vue, sa puissance augmente encore. Il ne perçoit pas ce qu'il abandonne en échange.
L'afflux altère nécessairement les facultés mentales.
Conclusion prématurée.

Hypothèses :

  • conséquence physiologique de l'afflux ;
  • effet direct de l'énergie mobilisée ;
  • sentiment de supériorité provoqué par l'accroissement des capacités physiques ;
  • combinaison de ces facteurs.

Ne pas communiquer cette observation aux frères. Connaître cette faiblesse pourrait les conduire à limiter eux-mêmes l'afflux avant que cela soit nécessaire.

Ils n'ont pas à décider de cette limite.

Perception

Effet secondaire confirmé.
Les sujets développent une faculté perceptive particulière.

Le terme « vision » est impropre. Aucun des témoignages recueillis ne décrit réellement une image.
Ils parlent plutôt d'une présence.

La signature d'un autre frère peut être ressentie. Son intensité semble varier avec la proximité.
Le même phénomène permet de reconnaître une cible ayant reçu le composé utilisé lors du marquage.

La perception permet de connaître précisément la position de la cible.
Exagéré.

Présence : confirmée.
Proximité relative : probable.
Direction : à préciser.
Distance maximale : inconnue.

Tester ces paramètres séparément.

Éviter les expériences réunissant plusieurs frères. Leurs indications deviennent difficiles à attribuer à une perception individuelle.

Observation générale

Le procédé remplit son objectif.
Un homme demeure extérieurement un homme jusqu'à l'instant où il choisit de ne plus combattre comme tel.

Force supérieure.
Résistance supérieure.
Perception supplémentaire.

Mais l'afflux porte en lui sa propre faiblesse.
Plus le sujet devient puissant, moins il est dangereux.
Non. Formulation absurde.

Plus le sujet devient puissant, plus il devient prévisible.
Voilà la distinction.

Un adversaire ordinaire ne survivra probablement pas assez longtemps pour en tirer avantage.
Un combattant expérimenté, oui.

Trouver comment conserver l'agressivité sans sacrifier la discipline. Ne pas chercher à supprimer l'une au profit de l'autre. L'intérêt du procédé réside précisément dans leur coexistence.

Ne pas en parler aux sujets.